Les Rencontres

Industries et cartes postales anciennes

La PIPE

La Guerre a modifié cette industrie; elle a déterminé le développement de la fabrication de la galalithe en France et la très belle qualité de cette matière lui a donné le pas sur les autres, qui sont en régression.

L’ os arrive en sacs de la région de Beauvais ou d’ Amérique. Il a subi une préparation et se présente sous la forme de réglettes ou de cylindres creux ; on le fait bouillir avec de l’ eau et des cendres avant de le travailler au tour. La corne est importée d’ Argentine et du Brésil.

La galalithe est fabriquée dans la région sanclaudienne .

Citons enfin, comme autres matières plastiques: l’ ivoire, l’ ambre, le corrozo, le bois des Iles. Mais ce sont là plutôt des spécialités qui n’ ont pas l’ importance industrielle de la galalithe, de l’ os, ou de la corne.

Les ouvriers sont ainsi répartis:

Saint-Lupicin (400 ouvriers), Saint-Claude (170), Lavans (280), Ravilloles (150), Cinquétral (139), Cuttura (95), Montréal (67), Molinges (50), Pratz (50), Dortan (30), Villard-Saint-Sauveur (13), Ranchette, Larrivoire, Rogna, Valfin, La Rixouse, Leschères ( 10 ou moins de 10).

Soit, en tout, 1400 ou 1500 ouvriers.

En dehors des articles de fumeur, la tournerie des matières plastiques s’ emploie à la fabrication des articles de bureau, des articles de garnitures d’ électricité, des bouchons de bouteille, des nécessaires de couture, de manucure, des étuis de toute sorte.

Sur le marché Français, la tournerie des matières plastiques n’a pas grand-chose à craindre.Ses articles sont très demandés et, à qualité égale, sont moins chers que les articles Allemands. Sur le marché étranger, elle est dans une position moins favorable: elle manque de rayonnement ; de plus, l’ Allemagne veut reconquérir à tout prix le marché mondial et vend très bon marché, parfois même au-dessous du prix de revient.

Enfin l’ industrie chimique allemande est en avance sur l’ industrie française pour la production de la matière première. A part l’ Allemagne, l’ Autriche et la Tchécoslovaquie, celle-ci pour les résines synthétiques, sont des concurrentes très sérieuses.

 

LE TRAVAIL DES PIERRES PRÉCIEUSES DANS LE JURA

 

L’ industrie lapidaire.- L’ industrie lapidaire occupe les populations d’ entre Bienne et Valserine; quelques localités du pays de Gex ( que nous ne pourrions aucunement séparer du Jura) et de Bellegarde. Elle se rattache à Genève par son origine.

Genève était autrefois le lieu de foires célèbres. Elle faisait entre autres le commerce des objets précieux d’ orfèvrerie et possédait ses propres artisans dés le XVe siècle. A mesure que la ville s’ enrichit, les  maitrises et les jurandes devinrent plus exigeantes quant à l’ adoption des nouveaux venus: aussi les métiers de l’ orfèvrerie devinrent assez vite le privilège d’ une minorité. Un certain nombre d’ artisans s’ établirent en dehors de la ville dés la fin du XVIIe siècle, dans le pays de Gex notamment, où ils firent des apprentis. Dans un mémoire adressé au duc de Choiseul en 1767, Voltaire , alors établi à Ferney, déclare que 300 charrues sont « tombées » dans le pays par le fait de l’ industrie.

Par le pays de Gex, les industries genevoises s’ infiltrèrent dans le haut Jura. Le premier lapidaire jurassien, Michaud, commença son nouveau travail en 1735 au hameau des Thoramys, près de Sepmoncel, et fut bientôt très imité. On tailla d’ abord le verre ordinaire , puis, vers 1750, le stass.

Au moment de la Restauration, on entreprit la taille des pierres précieuses, alors très en vogue. Au cours du XIXe siècle, les conditions hygiéniques du travail, trés mauvaises au début, s’ amélioraient peu à peu.

A la fin du XIXe siècle, l’ industrie s’ est transformée. Le rendement a été considérablement accru par la découverte de procédés de taille multiple  ( 300 pierres à la fois), et, d’ autre part, l’ apparition de la pierre synthétique, composée d’ alumine et d’ oxydes colorants, a déterminé une baisse considérable de la valeur des pierres naturelles. Les matières premières taillées actuellement sont : les pierres fines naturelles ( topazes, améthyste, émeraude, rubis, saphir); les pierres synthétiques, produites artificiellement, par le procédé Verneuil; les imitations de pierres naturelles; le strass (ou simili-diamant). Ces matières premières peuvent donner lieu à des combinaisons, telles que les pierres fausses doublées, composées d’ une partie de pierre fine, collée ou fixée sur du strass.

Contrairement à ce que l’ on pourrait croire , la valeur marchande de la matière première est peu élevée. Le carat de pierres naturelles est évalué de  10 à 150 fr.; et le prix des pierres synthétiques est très bas: il est compris entre 0fr.04 et 0fr.35 le carat.

Depuis la date de son établissement , l’ industrie lapidaire n’ a pas cessé de s’ étendre. Dans le haut Jura, elle se tenait d ‘abord sur le plateau de Sepmoncel; elle gagna ensuite les villages situés plus au sud entre Bienne et la valserine. Enfin, par voie de rayonnement, elle s’ est propagée autour de Saint-Claude où chaque village compte quelques ouvriers.

L’ industrie lapidaire du haut Jura et du pays de Gex forme un tout homogène, qui possède des syndicats communs.

Les villes, bourgs ou villages qui s’ occupent de la taille des pierres fines ou fausses sont:

Sepmoncel (800 ouvriers), Saint-Claude (600), Lamoura (272), Les Molunes (250), Lajoux (160), Les Bouchoux (200), La Pesse (150), Les Moussières (132), longchaumois (90), Belleydoux (190), Lélex (160), Mijoux (141), Chézery (100), Gex (50), Villard-Saint-Sauveur (40), Prémanon (30), Coyrière (30), Arbois (30),Viry ’20), Echallon (40), Champfromier (31), Ochiaz (26), Saint-Germain-de-joux (20), Saint-Genis-Pouilly (20), Chatillon-de-Michaille (19), Vesancy (16), Cessy (16), Hotonne (13), Ranchette, Villard-sur-Bienne, Avignon, Cinquétral, Lavans, Molinges, Larrivoire, Choux, Coiserette, Chaux-des-Près, Clairvaux, Conliège, Confort, Coupy, Chanay, Collonges, Thoiry, Farges, Billiat, Injoux, Giron, Montréal (10 ou moins de 10 ouvriers).

Dans la région du Doubs, on compte une centaine d’ ouvriers à Pontarlier et aux Fourgs. Le total donne environ 4000 ouvriers et ouvrières.

La ville de Saint-Claude est spécialisée dans la taille du strass et des diamants imitation. Elle possède 600 ouvriers lapidaires. La production journalière est de 1 400 000 pièces valant en moyenne 15 à 20 fr. le mille. Le chiffre d’ affaires annuel pour cette spécialité peut être évalué à 7 millions de francs, qui représentent surtout le prix de la main-d’ œuvre, les frais généraux et l’ intérêt commercial du capital investi.

Le prix de la matière première, fabriquée sur place, est insignifiant.  Quant aux pierres fines et aux pierres synthétiques, il est difficile de déterminer la valeur de la production annuelle, étant donné la qualité et la nature très diverses des pierres travaillées. On peu estimer toutefois que les salaires payés aux ouvriers s’ élèvent à 15 ou 20 millions de francs.

La vente est facile. Saint-Claude et sa région déversent sur le monde entier des millions de simili-diamants, de pierres naturelles, de pierres synthétiques et de pierres fausses. L’ Amérique absorbe les trois quarts de la production. les industries de luxe de Paris, la bijouterie et la mode sont clientes de l’ industrie jurassienne, qui s’ est acquis une très grande renommée par l’ habileté de ses artisans et la solidité de sa position. Les industries lapidaires allemande, tchécoslovaque ou américaine ne sont pas pour le moment des concurrentes sérieuse.

L’ industrie diamantaire.- L’ industrie diamantaire est incontestablement la moins solide des industries jurassiennes, celle qui tient le moins au pays.  Elle fut établie dans le Jura en 1877, par l’ initiative de plusieurs négociants lapidaires qui crurent possible d’ adapter rapidement les ouvriers jurassiens à la nouvelle industrie. les premières usines furent construites dans plusieurs villages de la banlieue de Saint-Claude.

Un peu auparavant, en 1872, des diamanteries  avaient été installées dans le pays de Gex. L’ industrie diamantaire , qui fournissait de beaux salaires, connut vite une très grande faveur. On comptait avant-guerre 3000 ouvriers dans la région sanclaudienne. Aujourd’hui, le personnel est moins nombreux : l’ industrie a perdu de son importance, par suite de la guerre et pour d’ autre raisons.

La matière première vient presque exclusivement de l’ Afrique australe. Les prix pourraient subir de très grandes oscillations, car le diamant est plus abondant qu’ on ne croit. (en 1926, la découverte des diamants alluvionnaires a causé de grandes perturbations sur le marché). Mais les prix sont tenus par le syndicat de Londres, qui est capable d’ acheter toute la production brute, par le Gouvernement de l’ Afrique australe, qui dispose, depuis octobre 1927, d’ une loi lui permettant de restreindre à son gré la prospection, par le syndicat d’ Anvers, qui tient le marché de la pierre taillée.

Actuellement le prix du carat taillé, en bonne qualité et en grosseur moyenne, va de 1500 à 6000 fr.  La main-d’ œuvre mondiale de l’ industrie du diamant comprend environ 25 000 ouvriers, ainsi répartis : 18 500 à Anvers; 4500 à Amsterdam; 200 à Paris ; 1450 dans le Jura et le pays de Gex. Ces chiffres montrent que le Jura ne joue pas le premier rôle dans cette industrie. La main-d’ oeuvre jurassienne et gessoise est établie dans les villes et villages suivants:

Saint-Claude (700 ouvriers), Foncine-le-Haut (95), Villard-Saint-Sauveur (64), Chassal (61), Avignon (53), Vaux (30), Sellières (33), Clairvaux (23), Chaumont (20), Corveissiat ( 20), Les Bouchoux (20), Saint-Lupicin (20 ), Nantua (20), Saint-Germain-de-joux (15), Cinquétral (14), Divonne-les-Bains (60), Thoiry (40), Saint-Genis (35), Gex (20), Poligny, Arbois, Molinges, Lavans, Vertamboz, Brod, Revigny, Coyrière, Foncine-le-Bas, Maynal, Longchaumois, Sergy, Port, Ornex, Cessy (10 ou moins de 10 ouvriers).

L’ industrie diamantaire jurassienne n’ est indépendante que pour une faible part. Des 1450 ouvriers de la région, 300 seulement travaillent pour les coopératives ou des industriels indépendants , qui achètent leur matière première, travaillent et vendent eux-mêmes leurs produits. Les autres taillent à façon une matière qui est envoyée d’ Anvers et d’ Amsterdam. Saint-Claude est une manière de déversoir où le travaillent que dans le cas d ‘ absolue prospérité de l’ industrie.

 

LES AUTRES INDUSTRIES JURASSIENNES

 

Les industries dont nous allons nous occuper maintenant possèdent assez souvent un aussi grand nombre      d’ ouvriers que les précédentes : leur importances est toutefois moindre , car elles n’ englobent que quelques localités.

La lunetterie.- Le haut Jura fabrique les neuf dixièmes de la production française en lunetterie. Morez, capitale de cette industrie, et les villages des environs possédaient autrefois des forges dont l’ horlogerie et la lunetterie dérivèrent, la première vers 1660, la seconde à l’époque de la Révolution.

En 1796, le premier atelier de lunetterie fut établi au hameau des Rivières, près de Morez. On y reproduisait des modèles venus d’ Angleterre, que l’ on travaillait à la forge.

En 1830, un ouvrier de la région se rendait à la foire de Beaucaire pour y vendre son stock de marchandises,  l’ industrie morézienne commença à être connue et eut bientôt une excellente réputation.

Elle fut longtemps marquée de beaucoup d’ indépendance et d’ originalité, Des centaines de modèles, lunettes ou pinces-nez, furent lancés dans le commerce. Les ouvriers de la région morézienne  descendaient le samedi à la ville avec une sacoche pleine de pince-nez et de lunettes qu’ ils remettaient à des négociants : ils remontaient dans leur village avec leur provisions de fil de fer pour la semaine suivante.

Aujourd’hui des ateliers modernes se sont établis, et l’ industrie a une certaine tendance à se concentrer à la ville. Le nombre total des ouvriers et ouvrières occupés à la lunetterie dans la région de Morez est d’ environ 3800. Ils sont ainsi répartis :

Morez (2500 ouvriers), Les Rousses (600), Morbier (350), Longchaumois  (110), La Mouille (108), Bellefontaine (88), Prémanon (27), Tancua (8)

L’ industrie de la lunetterie est actuellement prospère. Les affaires sont moins brillantes que pendant les années d’ inflation, mais l’ industrie peut se défendre aisément, étant donné la variété de ses articles, la bonne qualité de ses produits, la modicité de ses prix et le débouché certain que lui offre le marché français.

La production annuelle a une valeur de 25 millions de francs. En dehors du marché français, l’ industrie morézienne a des débouchés un peu partout, en Europe (en Allemagne même) et en Amérique. Toutefois elle est surtout une industrie nationale et rayonne peu. Elle fait actuellement de gros efforts pour se moderniser dans sa technique : 1° à la fabrication de la lunette par pièces interchangeables; 2° au remplacement de la soudure au gaz par la soudure électrique; 3° à une révolution complète de la fabrication (l’ opération de la soudure doit être la dernière, et non la première, comme l’ on faisait encore récemment à Morez). Il est un peu étrange aussi que Morez ne possède pas de verreries et qu’ elle achète ses verres au dehors.

L’ industrie du peigne et des matières plastiques.- L’ industrie du peigne et des matières plastiques, a pour centre important Oyonnax : elle occupe également les villages de la proximité immédiate. C’ est une industrie très ancienne dans les registres d’ état civil de 1669, on trouve déjà la profession de faiseur de peignes. Il est vraisemblable que l’ industrie du peigne, que l’ on a pu comprendre, dans le haut Jura, toute la zone forestière du buis.

L’essor de l’ industrie se produisit vers 1820, au moment ou l’ emploi de la corne comme matière première se généralisa. Le peigne devint vite un objet d’ art. On comptait, à Oyonnax, 44 fabricants et 130 ouvriers en 1831 : après des alternatives de splendeur et de décadence, dues aux variations de la mode, l’ industrie devint très florissante. Rien n’ en témoigne mieux que l’ accroissement de la population de la ville, qui passe de 1158 habitants en 1820 à 11 617 en 1926.Aucune ville jurassienne n’ a eu une croissance aussi rapide.

Ce développement est le fait d’ une seule industrie : la moitié de la population actuelle d’ Oyonnax est employées au travail du peigne et des matières plastiques.

Les matières premières employées par l’ industrie d’ Oyonnax sont le celluloïd, les matières caséinées (galalithe, etc….), l’ acétate de cellulose , la nacrolaque, et sont traitées par le moulage (alors qu’ à Saint-Claude certaines d’ entre elles sont travaillées au tour).

L’ industrie du peigne et des matières plastiques compte environ 400 fabricants et 6000 ouvriers (y inclus les fabricants) qui sont établis dans les localités suivantes:

Oyonnax (5500), Arbent (30), Bellignat (250), Martignat (50), La Cluse (60), Géovresset (50), Saint-Martin-du-Fresne (43), Montréal (28), Port-Charix et Veyziat ont chacun une dizaine d’ ouvriers.

Les objets fabriqués sont: le peigne, les nécessaires de toilette, les jouets en celluloïd et toutes sortes d’ objets de fantaisie et de parure ( bracelets, bagues, boutons, pendentifs, boucles de manteaux, et de chaussures, étuis de toutes sortes, etc…..). La production annuelle a une valeur moyenne de 200 millions de francs.                                                                                                                                                 Malgré la finesse de l’ élégance de ses produits, l’ industrie d’ Oyonnax trouve une rivale redoutable dans        l’ industrie allemande.

L’ industrie de la tabletterie.- La  tabletterie naquit en France lors de l’ apparition du tabac, vers 1660. Dans le Jura, on commença, au début du XVIIIe siècle, à ouvrer des boites en buis, relevées d’ ornements qui en firent de véritables objets d’ arts. Ces boites étaient destinées à contenir de la poudre de tabac.

Au XIXe siècle, la tournerie sanclaudienne étant en pleine crise, une partie des ouvriers s’ intéressa à la tabletterie. En 1851, il y avait à Saint-Claude 18 fabriques de tabatières, et un peu plus tard, en 1875, le nombre des ouvriers tabletiers était d’ environ 3000.

Mais déjà des nouveautés industrielles étaient apparues : le travail de la pipe et celui du diamant, qui offraient aux ouvriers des salaires très rémunérateurs et exigeaient un apprentissage moins long. La main-d’ œuvre s’ y porta, et l’ importance de la tabletterie décrut peu à peu.

Actuellement, la tabletterie a pour objet le travail de la corne de buffle et de la corne ordinaire, de l’écaille aussi, dont on fabrique des tabatières , des couverts à salade et quelques menus objets de table. Elle est pratiquée à :

Saint-Claude (50 ouvriers) et dans les villages des environs : Larrivoire (25), Ranchette (10), Vaux (7), Villard-Saint-Sauveur (6), Viry (1).

Soit, en tout, une centaine d’ ouvriers, dont les deux tiers pour le travail de la tabatière.

Les artisans sont presque tous des personnes âgées. Les jeunes gens ne veulent plus être tabletiers. Le travail, fait tout entier à la main, est difficile et délicat. L’ apprentissage dure quelque dix ans. Ce n’ est point la vente qui fait défaut, mais la production. Cette industrie disparait peu à peu de la région.

L’industrie de la boissellerie ou layeterie à Bois-d’ Amont.- Bois-d’ Amont se trouve sur le cours supérieur de l’ Orbe, entre le lac des Rousses et le lac de Joux, à 1050m. d’ altitude.

Elle a une population de 1170 hab. et possède 500 ouvriers employés à la boissellerie ou layeterie.

Cette industrie qui dut se borner autrefois à la fabrication de gros ouvrages de boissellerie, est spécialisée actuellement dans la production de boites rondes (en lamelles de sapin découpées à la scie, collée ou clouées) destinées, soit a la pharmacie, soit à l’ industrie fromagère ( pour les fromages à pâte molle). Elle est actuellement prospère et ne connait guère le chômage.

L’ industrie des mesures linéaires est aussi une spécialité jurassienne. Elle se tient surtout dans deux villages : Longchaumois, avec 60 ouvriers ; Clairvaux, avec 51 ouvriers.

Saint-Claude et la banlieue possèdent quelques ouvriers.

 

 

Industries et vieux papiers

INDUSTRIES DE LA MONTAGNE

Les industries jurassiennes sont très originales, car leur développement a été le plus souvent la conséquence d’ initiatives individuelles. Cette originalité se retrouve au delà des frontières, car il y a en Allemagne, en Suisse, en Autriche et en Tchécoslovaquie des industries qui ressemblent comme des sœurs aux industries du Jura Français et qui, en fait, sont des rivales.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE CES INDUSTRIES

Ces industries sont : 1° l’ horlogerie ; 2° la tournerie ; 3° le travail des pierres précieuses (industries lapidaire et diamantaire); 4° toute une série d’ industries très localisées, telles que la lunetterie, le travail du peigne et des matières plastiques, la boissellerie, la tabletterie, etc …

Certaine de ces industries possèdent parfois des branches spécialisées qui méritent d’ être étudiées à part:  L’ horlogerie comprend l’ industrie de la montre à Besançon et le long de la frontière franco-suisse, l’ industrie de l’ horloge dite comtoise et de la pendule à Morez et à Morbier, l’ industrie de la grosse et de la moyenne horlogerie dans le pays de Montbéliard. Ces trois variétés sont réunies actuellement en un même syndicat, mais elles sont historiquement indépendantes. D’ autres part, sous un même mot se trouvent parfois désignées plusieurs industries dont la parenté est plus illusoire que réelle. La tournerie, qui occupe quelque 9000 ouvriers, avec Saint-Claude comme centre commercial, comprend: l’ industrie de la pipe, à Saint-Claude la tournerie des bois indigènes, dont le centre est Moirans-du-Jura; la tournerie des matières plastiques.

Ces trois variétés d’ industrie ont un instrument commun: le tour ,mais n’ emploient pas les mêmes matières premières, et chacune d’ elles a son commerce spécialisée.

Nous n’ étudions pas toutes les industries jurassiennes. Excluant certaines industries comme la fromagerie, la papeterie et la tannerie, nous nous en sommes tenu aux petites industries de manufacture, typiques du Jura, comme on l’ a dit, et nées du besoin d’ activité de la population jurassienne, immobilisée pendant l’ hiver.

La plupart de ces formes d’ activité ont pris naissance dans la haute montagne. Les maigres ressources que le sol du jura offrait aux colons et aux immigrants devaient leur suggérer d’ accroitre leur bien-être par l’ appoint d’une industrie.

Il est curieux de constater que l’ industrie de la lunetterie se place aux altitudes suivantes: Morez 700 m; Morbier 822 m ; La Mouille 900 m ; Longchaumois 897 m ; Bellefontaine 1028 m ; Prémanon 1132 m ; Les Rousses 1135 m.

L’ industrie lapidaire est très répandue aussi dans la haute montagne. Les lieux d’ industrie les plus importants sont à une altitude d’ environ 1000 m : Sepmoncel 1000 m ; Lamoura 1156 m ; Les Molunes 1274 m ; Lajoux 1182 m ; Les Bouchoux 980 m ; Les Moussières 1080 m.

Certaines industries, comme la tournerie, se sont établis dans des vallées, ou sur des plateaux moins élevés. Mais en règles générale, l’ altitude du lieu ou la pauvreté du sol ont été les deux facteurs importants qui ont déterminé l’ établissement des industries.

Celles-ci sont pratiquées par un très grand nombre de cultivateurs. La tournerie des bois indigènes n’ a pas un seul ouvrier établi à la ville, et le centre de cette industrie a moins de 2000 hab. L’ industrie lapidaire, la boissellerie, la petite horlogerie sont aussi des industries campagnardes. Il s’ ensuit que l’ ont rencontre dans les bourgs ou villages jurassiens beaucoup d’ ateliers familiaux et que, pour les industries qui nous intéressent la grosse usine est l’ exception. Cette manière d ‘ être a fini par prévaloir même à la ville.

Oyonnax possède 400 ateliers familiaux ou corporatifs. L ‘industrie lapidaire ne compte que deux ou trois usines importantes. La tournerie, une seule peut-être.

Morez possède 114 ateliers de lunetterie.La tendance actuelle des industries à se concentrer modifie peu à peu la répartition géographique du personnel, mais le fait néanmoins demeure.

Les industries jurassiennes enfin supposent toutes une très grande habileté manuelle de l ‘ouvrier et ne nécessitent pas des transports considérables de matières premières. Lorsqu’ elles s’ établirent, il fallait, étant donné la difficulté des communications, que la matière première fut sur place (horlogerie , lunetterie, tabletterie ,tournerie , industrie du peigne : fer , corne , bois), ou qu ‘elle fut aisément transportable (industrie lapidaire et diamantaire : pierres précieuses , verre ou diamant). La pipe, qui exige la matière première la plus considérable, fut fabriquée tout d’ abord en racine de buis, et le Jura possède, ou possédait, des forets de buis.

Les centres des industries que nous étudierons sont: 1° pour l’ horlogerie: Besançon, Montbéliard, Morez. 2° pour la tournerie: Moirans, Saint-Claude, Saint-Lupicin. 3° pour le travail des pierres: Saint-Claude, Septmoncel. 4° pour les autres industries: Morez (lunetterie); Oyonnax (travail du peigne , etc….), Bois d’ Amont (boissellerie); Saint-Claude (tabletterie, ébonite).

La frontière franco-suisse coupe en deux la région horlogère. Au Nord, la zone de l’ horlogerie et celle des métallurgies diverses se superposent. A l’ Ouest, Besançon parait être une capitale isolée. Au Sud, les industries jurassiennes ne dépassent guère la cluse de Nantua à Bellegarde. Au Sud et à l’ Ouest, Lyon commence à faire sentir son influence.

 

L’ INDUSTRIE DE L’ HORLOGERIE

Historique de l’ industrie.- L’ industrie de l ‘horlogerie avait eu en France de nombreux artisans, avant les guerres de religion, mais, vers le milieu du XVIe siècle, les persécutions religieuses déterminèrent certains d’ entre eux à s ‘expatrier. Ce fut Genève qui les reçut, et l’ industrie y prospéra. Mais les règlements corporatif, devenant bientôt très sévères quant à l’ admission de nouveaux maitres-ouvriers, provoquèrent au cours du XVIIIe siècle, un mouvement d’ émigration très marqué vers le Jura neuchâtelois (Neuchâtel, Le Locle, La Chaux-de-Fonds), et, en 1789, certains habitants de ce pays, ayant manifesté trop bruyamment leur adhésion aux principes révolutionnaires, durent prendre le chemin de la France.

A deux cents ans d’ intervalle, l’ intolérance produisit le même effet, mais cette fois-ci à notre bénéfice. L’ un des émigrés genevois, Laurent Mégevand, qui avait des relations d’ affaires à Paris, eut l’ initiative de soumettre au Ministre Français de l’ intérieur, le 31 mai 1793, un long mémoire sur l’ opportunité de créer une manufacture d’ horlogerie dans le Jura. La proposition soumise au Département du Doubs, fut, agréée, et, le 12 septembre 1793, vingt et une familles suisses s’ établissaient à Besançon. Le nombre des immigrants atteignait 400 à la fin de la même année. L’ industrie prospéra rapidement; outre la manufacture de l’ État, de nombreux ateliers indépendants s’ étaient créés à Besançon: ce fut grâce à eux que la nouvelle industrie réussit à se maintenir, car la manufacture de l’ État, mal administrée, fut supprimée par un arrêté de Bonaparte, et les biens des directeurs furent vendus (22 frimaire an XI).

Au cours du XIXe siècle, malgré des difficultés assez sérieuses, l’ horlogerie fut en progression constante. La production annuelle était de 59000 montres en 1850 ; 211000 en 1860 ; 300000 en 1866 ; 419000 en 1875 ; 45400 en 1878 ; 635000 en 1900 .Les chiffres ci-dessus se rapportent à la production des montres en métal précieux .Il serait très difficile d’ évaluer l’ importance, à chaque époque, de la fabrication des montres en métal ordinaire et de faire l’ historique de cette fabrication, sans doute tard venue, étant donné le prix relativement peu élevé de l’ argent. Les chiffres donnés plus loin indiquent l’ importance actuelle de diverses catégorie.

L’ étude de l’ horlogerie de Besançon ne doit point nous faire perdre de vues les autres régions jurassiennes ou cette industrie engendra la prospérité. Le plateau de Maiche (entre Doubs et Dessoubre) est une région horlogère fort importante, aussi bien que la vallée de Morteau. L ‘industrie ne s’ y implanta qu’ assez tard, vers 1853. Il n’ y eut tout d’ abord que quelques ateliers. Vers 1888, l’ industrie prit un essor rapide dans la haute montagne, sous l’ influence de la Suisse.

Dans le pays de Montbéliard, Beaucourt posséda une fabrique d’ ébauche de montre vingt ans avant Besançon, en 1767. Elle est du à l’ initiative d’ un artisan, Jacques Japy, dont le nom est a l’ origine de toute la prospérité industrielle du pays de Montbéliard. Jacques Japy avait fait son apprentissage au Locle, en Suisse. L industrie horlogère du Haut-Jura est spécialisée dans la fabrication des pendules et surtout de l’ horloge à poids et à ressort, dite horloge comtoise. Elle naquit vers 1660. Un forgeron de Morbier, ayant eu à réparer l’ horloge du couvent des Capucins (de Saint-Claude), eut l’ idée de construire des horloges semblables. Ce fut là l’ origine de cette branche industrielle  qui compte aujourd’hui encore prés d’ un millier  d’ ouvriers.

La petite horlogerie.- Dans le Jura , pour la montre complète , il existe environ 150 fabricants établis dans les localités suivantes : Besançon , Beaucourt ,Charquemont ,Damprichard , Lac-ou-Villers , Montbéliard , Morteau et sa région . La production comprend des chronographes de poche , compteurs de sport ,montres , bijoux de luxe , montres extra-plates , chronomètres , montres pour automobiles , pour chemin de fer , montres pour aveugles , etc Pour les branche connexes à la petite horlogerie et pour les pièces détachées ,les fabricants sont répartis dans les localités suivantes : Bonnétage , Charmauviller , Chaillexon ,Hérimoncourt , Les Fontenelles , les Gras , Le Russey , Maiche , Les Ecorces , Meslières ,Montécheroux ,Vérières-de-Joux ,Cour-Saint-Maurice.

Les villages de Sancey , Liebvillers , Chamesol , Rougemont , Etupes ,Trévillers , Glére , Vermondans , Pierrefontaine et Villarsd-les-Blamont possèdent également une population horlogère (la Savoie possède environ 2000 ouvriers en petite horlogerie qui travail pour Besançon). Le nombre des fabricants de pièces détachées dans la région du Doubs est de 100. Ces industriels sont tous spécialisés dans une des fabrications suivantes: ébauches de montres et boites de toutes formes et de tous métaux, cadrans, aiguilles, spiraux, pignons, balanciers, etc… la décoration  (ciselure, joaillerie, incrustation, gravure,placage, patine, etc….) se fait à Besançon et à Paris. Le nombre total des montres fabriquées s’ élevait en 1926 à 2 500 000, dont 625 000 en métaux précieux. On évalue à 6000, le nombre des ouvriers et ouvrières.

La grosse horlogerie .- On comprend sous le nom de grosse horlogerie une très grande variété d’ appareils et d’ instruments de toute dimensions. la grosse horlogerie proprement dite est spécialisée dans la fabrication des horloges monumentales; l’ horlogerie moyenne, dans celle des horloges comtoises, des régulateurs, des pendules de toutes sortes, cartels, carillons Westminster, pendulettes de voyage, etc… Le développement des industries de l’ automobile et de l’ aviation, la pratique des sports ont orienté la grosse horlogerie vers la fabrication des compteurs de tours, des compteurs d ‘ électricité, d’ eau, de gaz, des indicateurs de vitesse, etc… Enfin l’ électricité s’ adaptant à l’ horlogerie a donné lieu à des fabrications nouvelles.

Les centres de grosse horlogerie se répartissent ainsi : 1° Morbier , Morez , Perrigny (fabrication de l’ horloge comtoise, de régulateurs et de carillons de cloches); Besançon , Beaucourt , montbéliard , Saint-Maurice , Seloncourt , Vieux-Charmont , Rosereux , Badevel .

Les centres les plus importants sont : Morez , Morbier , Besançon , Beaucourt , montbéliard , Badevel.

Le total des ouvriers employés dans la région jurassienne est de 6000 à 8000, et la production annuelle représente environ les deux tiers de la production française, évaluée, en 1926, à 560 000 000 de francs.

Situation présente de l’ horlogerie jurassienne.- Cette industrie a été jusqu’ ici fort prospère, et la production a suivi jusqu’ en 1926 une ascension fort régulière. L’ horlogerie jurassienne, très touchée par la guerre, s était vigoureusement rétablie, et la production était revenue aux chiffres d’ avant-guerre; mais il semble que l’ industrie a du être très favorisée par la chute du franc. En 1927, la petite horlogerie a subi une crise très grave, dont les effets se poursuivent. Le déficit de la fabrication pour l’ année 1927 a été en effet estimé à 61% de la production moyenne, et le chômage est considérable. Il est probable que beaucoup de petits artisans abandonneront leur métier et que l’ industrie se concentrera de plus en plus à la ville. Des efforts vigoureux sont faits actuellement, afin d’ orienter l’ horlogerie dans la voie des progrès récents. L’école nationale d’ horlogerie et d’ Institut de Chronométrie sont en cours de réorganisation et seront en mesure de former des ingénieurs très spécialisés. D ‘ autre part, de grandes usines fabriquent maintenant la montre en série, en très belle qualité et à bon marché. La crise actuelle doit donc être conjurée rapidement, d’ autant plus que cette industrie travaille presque exclusivement pour la France.

LES INDUSTRIES DE LA TOURNERIE

La tournerie jurassienne est bien originale: elle n’a pas été importée. Avec le temps, elle s’ est appliquée à des fabrications diverses, et nous aurons à étudier successivement: l’ industrie de la tournerie des bois indigènes; l’ industrie de la pipe; la tournerie des matières plastiques.

La première est la plus ancienne. La légende lui donne plus de dix siècles d’ existence: l’ histoire lui en accorde cinq. La seconde, qui dérive de la première, s’ est développée surtout vers le milieu du XIXe siècle. La pipe, en effet, n’ est qu’ un objet de tournerie, dont l’ importance commerciale est devenue, pour Saint-Claude, de premier ordre. Enfin la tournerie des matières plastiques  (os, corne, corrozo) n’ était, jusque vers 1900, qu’une branche spécialisée de la précédente (fabrication du tuyau de pipe et des fume-cigarettes) ,lorsque la découverte d’ un nouveau produit à base de caséine, la galalithe , propre à la fabrication d ‘une quantité de menus objets d ‘usage courant, réussit à lui donner une forte impulsion et l ‘individualisa. La tournerie jurassienne comprend donc actuellement trois variétés industrielles qui ont chacune leur organisation spéciale, leurs commerçants, leurs ouvriers.

La tournerie des bois indigènes.- Saint-claude était déjà célèbre au XVe siècle pour ses images de saints et ses chapelets. Mais peu à peu la tournerie se laïcisa :au XVIIe siècle ,on fabriquait ,outre les chapelets ,des cuillers, des flutes, des trompettes; puis , après l’ apparition du tabac en France , vers 1660 , des tabatières ( qui furent l ‘objet plus tard d ‘une industrie spéciale) ; au XVIIIe siècle ,des bonbonnières ,des corbeilles ,des nécessaires de toilette, des ustensiles de cuisine, des rouets , etc…; à l’ époque de la Révolution , des encriers, des jeux de quilles, des portes-bouteilles, tous étant fabriqués en buis.

La foret de buis de Saint-claude fut bientôt épuisée, et l ‘industrie se retira vers Moirans; la région, en effet, était riche en bois d’ œuvre susceptibles de remplacer éventuellement la racine de buis. C’ est là que le travail se maintint. Cette industrie occupe la région moyenne du jura, dont l’ altitude varie entre 400 et 700m. Le sapin n’ est plus, comme aux altitudes supérieures, l’ essence dominante. Le hêtre, le frêne, l’ érable et le tilleul fournissent de grandes quantités de bois d’ œuvre. On compte environ une centaine de villages qui pratiquent la tournerie, et la localité la plus importante qu’ on y rencontre ( Moirans) n’a pas 2000 habitant.

Les bourgs et villages sont:

Moirans (350 ouvriers), Légna (200), Villard-d’Heria (168) ,Lect (135) , Etival (134) , Arinthod (130), Arbent (125) , Martigna (117) , Montcusel (100) , Dortant (100) , Vaux-les-Saint-Claude (91) , Orgelet (75) ,Charchilla (75) ,Lavans (70) , Molinges (70) , Les Crozets (65) ,Jeurre (65) , Maisod (60) ,Chancia (60) , Saint-germain-de-Joux (50) , Poizat (50) , Neyrolles (50) , Fétigny (35) , Lavans-sur-Valouse (11) , Thoirette (25) , Cernon (35) , Valfin-sur-Valouse (24) , Vescles (18) , Clairvaux (29) ,Vertamboz (10), Soucia (13), Pont-de-Poitte (18), Chaux-des-prés (40), Chateau-des-Prés (20), les Piards (10), Prénovel (12), Grande-Rivière (10), Cousance (14), Siéges (14), Rogna (30), Montaigu (20), Ecrilles (16), Nancuise (20), Sarrogna (30), La Tour-du-Meix (24), Le Bourget (25), Marangea et Nermier (10), Lavancia (19), Ponthoux (12), Grand-Chatel (10), Chatel-de-Joux (11), Coyron (11), Meussia (49), Crénant (30), Chisseria (10), Cesia (10), Menouille (30), Viremont (10), Vogna et Néglia (20), Condes (20), Agea (10), Corveissiat (30), Port (10), Poncin (15), Cerdon (25), Forens (20), Chevillard (12), Granges-sur-Ain (15), Veyziat (20).

Unes trentaines de localités ont moins de 10 ouvriers.Ce sont:

Aromas, Largillay-Marsonnay, Mesnois, Doucier, Charency, Poligny, La Chapelle, Saint-Julien-sur-Suran, Gigny, Monnetay, Louvenne, Choux, Conliège, Nogna, Revigny, Mirebel, Beffia, Montanges, Grand-Corent, Chavannes, Chanay, Saint-Martin-du-Fresne, charix, Montréal, Bayeux-Saint-Jérome, Confort, Chaley, Brénod, Hotonnes, Condamine, Bolozon, Samognat.

Le total donne 3570 ouvriers.

Les objets fabriqués sont des articles de cave, des articles de ménage, de bureau, de fumeur, des manches d’ outils, d’ ustensiles de cuisine, des pliants de jardin , des toupies, des jeux de quilles et, en règle générale, tous les objets en bois tourné.La plupart des villages sont spécialisés dans une ou deux fabrications. La production annuelle est évaluée à 30 000 000 de francs. L’ industrie a joui jusqu’ à présent d’ une calme prospérité. Elle ne craint guère la concurrence de l’ étranger. Les ouvriers sont habiles, et les salaires, quoique fort rémunérateurs, permettent une vente facile des produits.

 

L’ industrie de la pipe

L’ industrie de la pipe prit naissance dans le Jura au XIXe siècle ; elle fut stimulée par la vogue que les armées impériales avaient donnée à cet article de fumeur. A cette époque , les ouvriers de la région de Saint-Claude ne s’ employaient qu’ au tuyau, fait de buis ou de corne, que l’ on adaptait au foyer de porcelaine venu d’ Allemagne.Les tourneurs s’ essayèrent bientôt à la fabrication de la pipe en bois du pays. Le travail était alors absolument familial. Toutefois les articles fabriqués ne valais pas grand chose : les bois d’ ébénisterie employés (noyer, cerisier, poirier, et même le buis) ne résistaient pas à la combustion, et la saveur des pipes était fort désagréable. Un tourneur, revenu de la foire de Beaucaire en 1854, eut l’ idée d’ employer la racine de bruyère pour la fabrication de la pipe. La nouvelle matière, très dure , donna toute satisfaction, et l ‘industrie prit un essor remarquable. Les modifications qui sont intervenues depuis lors dans cette industrie sont toutes du domaine de la mode.
La racine de bruyère, exclusivement employée, vient des pays méditerranéens ( Var,Pyrénées, Algerie, Tunisie, Corse, Sardaigne, Toscane). Elle doit subir une préparation préalable par cuisson, avant d ‘être expédiée à Saint-Claude.La consommation annuelle de l ‘industrie sanclaudienne était, avant-guerre , de 4000 t. et, en 1926, de 6000 t. Comme les racines de bruyère mettent plus d ‘un demi-siècle à se former , la question de la matière première ne manquera pas de se poser à bref délai.
Le grand centre esy Saint-Claude, où l’ on compte environ 150 fabricants et 3000 ouvriers. Une vingtaine de villages du canton de Saint-Claude (qui réunit 26 communes) prennent du travail à domicile et ont aussi quelques ateliers. Ce sont:
Valfin (250 ouvriers), Chevry (30), Saint-Lupicin (50), Leschères (90), Ravilloles (50), Ponthoux (12), Pratz (50), La Rixouse (25), Villard-Saint-Sauveur (41), Vaux (33), Ranchette (10), Molinges (61), Lavans (20), cuttura (27),  Chassal (30), Avignon (15), Villard-sur-Bienne (22), Coiserette (15), Coyrière (20).
 
En dehors de la proximité de Saint-Claude, il faut noter Cousance, Saint-Laurent et Clairvaux qui possèdent quelques ouvriers. En tout, 3670 ouvriers et ouvrières, en nombre a peu près égal. L’ industrie de la pipe subit depuis novembre 1926 une crise très grave. Les Anglais ont fait, au moment de la chute du franc ,des achats considérables, de stocks.
Cette industrie offre ceci de caractéristique que, la vente ayant toujours été très facile, les fabricants se sont à peu près désintéressés du commerce et que les Anglais en ont pris le monopole.
L’Angleterre ne fabrique pas les pipes qu’ elle vend : elle achète les neuf dixièmes de la production de Saint-Claude. Sa marque pourtant fait prime sur le marché. une pipe de premier choix fabriquée à Saint-Claude et valant 25 francs atteint le prix d’ une livre sterling lorsqu’ elle est munie de la marque de Londres.
On a su la présenter avec luxe, flatter le snobisme du client et lui faire admettre que seule la pipe anglaise, c’ est-à-dire portant la marque de Londres, est de première qualité. Par ailleurs,les trusts anglais se chargent eux-mêmes de la vente. Ils savent créer la mode et imposer des modèles L’ industrie sanclaudienne de la pipe se trouve donc gouvernée par le commerce anglo-saxon. les négociants jurassiens ont commis la très grande faute d’ angliciser leur commerce et d’ établir à Londres des ateliers qui leur ont permis de donner la marque anglaise à des pipes fabriquées à Saint-Claude. Ils ont ainsi réalisé de gros bénéfices, mais ils ont discrédité la fabrication française qu ‘il leur appartenait de faire valoir et de représenter.
La fabrication était, jusqu’ en 1926, de 300 000 grosses par an, qui représentaient une valeur de 80 millions de francs; mais les affaires sont difficiles, et l’ on pense que le chiffre de la production annuelle se stabilisera à 200 000 grosses.
L’ industrie de l’ ébonite, qui occupe à Saint-Claude 450 ouvriers, doit être mentionnée au titre d’ une industrie dérivée de l’ industrie de la pipe. Elle est en effet spécialisée dans la fabrication des tuyaux.
Pendant la guerre, elle a assumé la fabrication des fournitures pour l’ aviation et de quelques spécialités pour la pharmacie, mais elle est redevenue, depuis 1919 , une industrie d’ intérêt local.
 
La tournerie des matières plastiques.- Les matières premières employées dans cette spécialité de tournerie sont surtout : l’ os, la corne, le corrozo, la galalithe. Les trois premières étaient à peu près les seules travailllées au tour avant-guerre, et cette industrie était pour une part dépendante de l’ industrie de la pipe (fabrication des tuyaux en corne et des vis en os) et pour une part indépendante  (fabrication  de hochets, d’ anneaux, de bouts de parapluie, d’ isolateurs d’ électricité, etc…..).
 
                                                                      

 

 

A la croisée des chemins

Four à Sancia communes de Chambéria (petite montagne)

Four à Sancia commune de Chambéria (petite montagne) JURA

 

 

 

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Artisans et Musées

 

 

Tavaillonneur

Tavaillon (Les « tuiles » du Haut-Jura, mais aussi pour les façades)
DROMARD Robert
sur la Roche
39370 Les BOUCHOUX
tél: 03 84 42 72 37

 

Layetterie

BENOIT-GONIN (réouverture le 4/8/14)
la petite joux
39310 LAJOUX
tél:06 10 80 77 32
Mail: layetterie@benoitgonin.eu

 

Coutellerie

BLOT christophe
7 rue Gambetta
39400 MOREZ
tel:03 84 33 30 06 / 06 71 98 54 95
internet:www.le-morezien.com

 

lapidairerie

DURAFFOURG monique et valérie
La Taillerie
161 route de la chaux mourant
39400 BELLEFONTAINE
tel: 03 84 33 18 33 / 06 15 56 01 78
Mail: contact@lataillerie.com
internet: www.lataillerie.com

 

Expo.vente,musée,démonstration sur RdV uniquement
COURBE-MICHOLET robert
279 route de montépile
39310 SEPTMONCEL
tel: 03 84 45 59 14 / 06 71 41 79 54

 

Musée de la pipe,du diamant et du lapidaire
1 place Jacques Faizant
39200 SAINT CLAUDE
tel: 03 84 45 17 00
Mail: info@musee-pipe-diamant.com
internet:www.musee-pipe-diamant.com

 

Fromagerie

Fromagerie et visite
fromagerie aux 3 AOC (bleu,comté,morbier)
39310 LES MOUSSIERES
tel:03 84 41 60 96
Mail:contact@fomagerie-haut-jura.fr

Fromagerie 1900 /artisanat local
25 grande rue
39310 THOIRIA
tel:03 84 25 85 43 / 06 14 22 68 29
Mail:saveursdalpages@cegetel.net

 

Tanneries

visite musée
Bourrelerie/sellerie
FAVRE fréres
73700 SEEZ-ST-BERNARD
tel:04 79 41 00 48/ 06 62 64 00 48

Maroquinerie/Travail du cuir
Maison du cuir
FREYSSINIER jean claude
9 rue capitaine Chevalier
15400 RIOM ES MONTAGNES
tel:04 71 78 10 38 / 06 88 15 96 69

Bourrelerie
PERILLAT-MONET didier (anciennement à Thones)
280 route de villavit
74450 LE GRAND BORNAND
tel:04 50 32 12 73
mail:contact@bourrelier-hautesavoie.com
internet:www.bourrelier-hautesavoie.com

 

Cloches & Sonnailles

Musée de la vache et des alpages
Val des Usses
83 rue du grand pont
74270 FRANGY
tel: 06 24 48 96 42
internet:www.museedelavacheetdesalpages.fr

Fonderie de cloches
OBERTINO charles
14 rue de mouthe
25160 LABERGEMENT-SAINTE-MARIE
tel: 03 81 69 30 72

jean OBERTINO et FILS
44 rue de la louhière
25500 MORTEAU
tel:03 81 67 04 08
mail:contact@obertino.com
internet: www.obertino.com

Métallerie/ferronnerie
fabrication de sonnailles et boucles
MC chaudronnerie
14 impasse de la scierie
74400 ENTREVERNES
tel: 04 50 05 16 82 / 06 89 83 95 83

Sonnettes DEVOUASSOUD
451 chemin à Battioret
74400 CHAMONIX
tel:04 50 53 04 88
mail:info@sonnettesdevouassoud.com
internet:www.sonnettesdevouassoud.com

 

Collectionneur de cloches

Conseils et Expertise
GRANDJEAN Olivier
Rue des Tilleuls 31
CH-1326 JURIENS
tel: +41 (0) 24 453 14 54 / +41 (0) 79 701 07 94
mail:olivier.grandjean@swissisland.ch

Elevage, cloches et cuir
JACQUIOT Florent
Les granges du Poizat
01130 LE POIZAT
tel: 06 74 66 86 47
internet:www.clochedevache.canablog.com

 

Musée

Ecomusée
Maison Michaud
La combe des Cives
25240 CHAPELLE DES BOIS
tel:03 81 69 27 42
Mail:ecomusee.jura@gmail.fr
internet:www.ecomusee-jura.fr

Musée de la boissellerie
12 rue du petit pont
39220 BOIS D’AMONT
tel: 03 84 60 98 79
Mail:contact@museedelaboissellerie.com
internet:www.museedelaboissellerie.com

musée des maisons comtoises
rue du Musée
25360 NANCRAY
tel: 03 81 55 29 77
Mail:musee@maisons-comtoises.org
internet: www.maisons-comtoises.org

musée de la Taillanderie
DEBRAY Michel
La Doye
25 330 Nans-Sous-Sainte-Anne
tel: 03 81 86 64 18
Mail: lataillanderie@wanadoo.fr

Musée, vente de fromages et produits régionaux
vie et métiers d’ autrefois
la Fruitière
39370 LA PESSE
tel: 03 84 42 70 47
Mail: la-fruitiere@wanadoo.fr

MAISON DE LA FLORE HAUT JURA
3 rue Recrettes
39400 LONGCHAUMOIS
tel: 03 84 60 66 94

 

JOUET

VENTE DE JOUETS EN BOIS FABRIQUES DANS LE JURA

Jeux, Jouets, Peluches, Doudous

www.qualijouet.fr

 

 

photos de vacances d’hier et d’aujourd’hui

 

Paturages

La PÂture

Chaque pâture est, en règle générale, attenante à la ferme; on y entre à partir de l’ étable. Elle est close, le plus souvent, soit par des perches de sapin couchées obliquement sur des pieux fichés en terre et croisés, soit par un mur de pierres sèches.
Le bétail rentre le midi et le soir à l’ étable, sauf à partir d’ Octobre.
Le pâturage se fait, à garde séparée, dans les terrains communaux ou les propriétés particulières. On y admet le mouton et la chèvre.
On célébrait dans les villages à la Saint-Jean, la fête des bergers.
Ils recevaient alors leurs étrennes; la vache la plus abondante en lait portait sur ses cornes une épaisse couronne de fleurs.
Dans la Haute Montagne (au-delà de 1000 m. d’altitude), le pâturage du gros bétail, l’alpage, s’ exerce, pendant trois ou quatre mois, du commencement de juin à la fin septembre. Son inauguration est une
petite fête locale. L’ Armailli ou berger groupe son troupeau, qui reçoit les harmonieuses « campeines ». Bêtes et gens, en un bruyant cortège, atteignent les pâturages. Le troupeau comprend des vaches laitières et des  » élèves » de un à deux ans. Le pâturages divisé en domaines ou montagnes, de 100 à 200Ha, s’ afferme pour plusieurs années. Le fermier loue le bétail et fabrique le fromage dans les chalets. Aux propriétaires des vaches laitières, il paie une somme convenue et perçoit une redevance par tête d’ animaux à l’ élevage. Là haut le bétail passe la nuit à la belle étoile.
Quand l’ herbe a poussé, en juillet, il monte au-dessus de la zone des forets.
La vie du berger est tout entière remplie par la garde du troupeau et la fabrication du fromage. Le matin et le soir, il rassemble les animaux au son de la trompe, au coté, le sac de toile ou de cuir plein de sel et de son, pour affriander les vaches; par derrière, la petite sellette à un seul pied ou « boute-cul », il procède, avec un
aide, à la traite, puis, dans le chalet, à la fabrication du fromage. (le plus souvent du gruyère).
A la Saint-Denis, les chalets se vident et les troupeaux regagnent les étables.

Chalets, Fruitières et Fromageries

Les Fruitières

L’ origine des fruitières est fort ancienne; des chartes du 12ième siècle les mentionnent déjà. Le mot vient-il de « freit » (fromage, en patois fribourgeois), ou du latin « fructus ». Ce qui est certain, c’ est que le terme est employé dans toute la Comté, dans la Savoie et la Bourgogne.
Cette industrie s’ imposa, dans la montagne, comme le principal moyen de tirer parti d’ un sol propre surtout dédié au pâturage.

Les fruitières sont de deux sortes: Les entreprises privées, et les coopératives de production.

Les premières ne se rencontrent que dans la zone de la Haute-Chaine. Dans cette région de population
dispersée, un entrepreneur loue vaches et pâturages,pendant la belle saison, et fait fabriquer le fromage, dans les chalets.
Les fruitières d’ association sont de beaucoup les plus répandues.
Une commission, nommée par les sociétaires, gère leurs intérêts.
Le chalet, où a lieu la fabrication, est généralement propriété sociale ou communale. Il se compose d’une salle de pesée, d’ une chambre à lait, d’une salle de fabrication du fromage et parfois de beurre, d’ une cave et d’ un logement pour le fruitier.
Le lait, apporté matin et soir, parfois le midi, est pesé, le poids inscrit sur un carnet remis au propriétaire et sur un registre restant à la fromagerie.
Avec le système, dit du petit carnet, le fromage, la crème, appartiennent au sociétaire, qui se trouve avoir avancé, jusqu’à ce jour, le plus de lait. Ce sociétaire aide le fromager, et fournit le bois pour la fabrication.
Avec le système, dit du grand carnet (le plus souvent en usage), les fromages appartiennent à l’ association; le produit de leur vente est partagé, déduction faite des frais, au prorata du lait apporté par chacun dans le courant de l’ année.Les risques d’ une malfaçon sont ainsi répartis sur tous les sociétaires.Le tour de crème seul est conservé.

Dans quelques fruitières, la crème est pesée par le fromager, évaluée selon le prix moyen du beurre a cette époque de l’ année, et portée au débit du sociétaire qui, ce jour-là a le « fromage ».
Outre le gruyère (Vachelin au 16eme siècle), la montagne fabrique divers fromages:
Le Morbier_ dans la région de Morez (poids 6 à 8 kg)
Le Septmoncel ou Bleu_sur les plateaux a l’ Est de la Bienne (poids 5 a 10 kg)
Le fromage de crème ou de boite, très connu autrefois dans le jura, sous le nom de fromage du Mont-d’Or, vendu dans des boites en sapin, de forme ronde (2 à4 kg) (zone de la haute-chaine)
Le Chevrotain, ou chevret, petit fromage carré, fait autrefois de lait de chèvre (Les Bouchoux,Septmontcel).
La Tomme (1 à 2 kg)

 

Clichés du Grand Père edités en cartes postales a partir de 1946.

 

Habitation

Fini le temps ou tous, vêtus d’étoffes lourdes et rêches, marchaient pieds nus ou chaussés de sabots, où les souliers de cuir réservés aux jours solennels, aux grands voyages ne se portaient guère sur les routes que pendus au cou de leurs propriétaires; on les chaussait pour traverser les villages de quelque importance, évitant avec soin les cailloux.

La maison a cheminée de bois, sans chambre en haut deviendra à son tour légendaire.
Un certain nombre d’ habitations primitives existent encore ,dites maisons à cheminée de bois, les autres ont été modifiées, transformées. A part la maçonnerie extérieure, tout l’ intérieur est en bois; au début on  n’ y voyait pas une pièce de fer: gonds,serrures, loquets,etc…. tout était de bois.

La pièce principale est la cuisine constituée par une vaste cheminée, en forme de pyramide tronquée, de bonnet carré, se terminant au sommet par une ouverture d’ où s’ échappait la fumée de l’âtre. Au dessus de cette ouverture est disposée une large planche/volet ou manteau mobile qu’ on déplaçait à l’ aide d’une corde pour s’opposer au vent et à la pluie. On faisait le feu au centre de cette pièce en partie dallée.
A coté de de la cuisine (outa) était, comme maintenant, le poêle (lo peylo) chambre de réunion et chambre à coucher des parents.
Les autres membres de la famille couchaient à l’ écurie dans des lits en sapins garnis de paille.
On donnait le nom de béta aux plus anciennes habitations destinées à loger les troupeaux et les bergers, elles sont devenues loges ou chalets.
De bonne heure, les fermes furent construites en pierres. Certaines présentent encore des colonnes de bois engagées dans les murs de maçonnerie.
Les maisons actuelles ont, en moyenne, un siècle de date pour les plus anciennes; la toiture est en tavaillons ou bardeaux, en tuile, en zinc.
Toutes ces maisons ont de larges baies qui font oublier les petites fenêtres d’antan, étroites et basses, garnies d’ abord de papier huilé, puis de carreaux de verre.
Chaque propriétaire donne à sa maison les agrandissements nécessaire pour les besoins de sa famille et du bétail pendant l’hivernage; l’ hiver est si long! L’ intérieur est partagé en plusieurs sections par des murs de refend ou des cloisons de sapin.

Au rez de chaussée , il y a la cuisine , le poêle, la cave, l’écurie.Au dessus il y a le fenil et une ou deux chambres.On rentre directement au fenil par une porte spéciale arquée.
A quelque distance ce la maison se trouvent un four a pain et un puits; celui-ci est alimenté parfois par une source, mais le plus souvent par l’ eau de pluie qui lui arrive de la toiture par des chenaux.
Dans le voisinage de certaines maisons , on rencontre quelques greniers forts dont la construction remonte, parait-il ,à l’ époque ou le pays était sous la domination espagnole.Les maisons, construites en bois,             n’ offraient pas aux habitants un abri sur contre l’ennemi; ils songèrent alors à établir, à proximité, des constructions résistantes pouvant recéler ce qu’ on voulait soustraire à la picorée.
Ces greniers forts ont approximativement 5 mètres de long, 2m50 de large et 2 à3mètres de haut à partir du niveau du sol. Les murs épais n’ offrent qu’ une seule ouverture fermée par trois trois portes
ayant chacune environ 15cm d’épaisseur. L’ intérieur muni d’une cave ou pas.

Outils anciens et Art populaire de montagne

 

Lapidaire

lapidairerie

La taille des pierres était pratiquée sur le plateau de Sepmoncel où la pénétration de cette industrie date de 1750 env.
La lapidairerie se répandit petit a petit dans la région avoisinant de Septmoncel; elle gagna les Moussières, la Pesse où il n’y avait encore que 4 lapidaires en 1860,puis les Bouchoux,etc…
Ce nouveau genre de travail a sauvé la haute montagne; il a ralenti et enrayé le dépeuplement du pays.
On travaillait plus de 8 heures par jour, et le soir, à la lueur pale de la vieille lampe a huile, le croésu, suspendu a une crémaillère en bois fixée au plafond.
Les roues de Lapidaires:
Roue de fer : au grès et a l’ émeri pour ébauches
        de cuivre: pour polir
        d’ etain : pour polir
        de plomb à l’ émeri: pour tailler
        de bois d’ aulne : pour ponçer et aviver
        de pierre : pour tailler
        de buffle : pour aviver et polir
        de feutre :        idem
        de drap :          idem
        de peau :         idem
        de bois de saule : pour adoucir
        de cuivre rouge : pour tailler a l ‘émeri
        de cuivre jaune : pour tailler a la poudre
        de fer :              idem
        d’ étain mélangé : pour polir

Tailles des pierres Fines

Toutes la pierre orientale se taille sur une roue de cuivre jaune diamantée (avec poudre de diamant) ou sur une roue de plomb à l’ émeri. Elle se polit sur une roue de cuivre rouge préalablement broutée (hachure). Cette hachure se fait au moyen d’ une lame d’ acier , après quoi on l’ imbibe de tripoli blanc et d’ eau. Quelquefois pour certaines pierres on est obligé d’ avoir recours à l’ acide sulfurique et au tripoli; l’ acide ou l’ eau mêlée au tripoli s’ étale sur la roue au moyen d’ une spatule ou palette en bois blanc.
Les faces supérieures (tables) se polissent de trois manières différentes à savoir: sur le bâton à cimenter, debout; sur le même bâton, étant penchées; à la main, sans bâton, mais garnies de ciment, afin de pouvoir les tenir.
Excepté le diamant, l ‘ émeri use toutes les pierres et les métaux. Les anciens Lapidaires l’ utilisait sur une meule de plomb, car il offre des avantages supérieurs sur toutes espèce de meule, soit en grès ou autres quelles quelles soient, parce que par sa mollesse le plomb s’ unit parfaitement avec cet ingrédient, qui le pénètre facilement et s’ init avec lui.
On se sert, dans certain cas, de la roue de cuivre avec l’ émeri, mais l’ émeri glisse et ne reste pas sur la roue.
Toutes les pierres ordinaires, celles qui ne sont pas orientales, se taillent sur la roue de plomb avec l’ émeri et l’ eau simple, projetée et étalé par le moyen d’ un pinceau fait en soie de sanglier, et l’ on adoucit encore les parties en cabochon sur roue de bois avec de la potée d’ émeri, ou de l’ émeri très fin et de l’ eau, ces pierres se polissent également sur la meule de cuivre.
Les tables et cabochons se ponçent et s’ avivent sur la roue d’ étain, ou sur le bois a la potée d’ étain. Celles ces pierres fines se font sur la roue de cuivre ou d’ étain. Les autres pierres les jaspes, les agathes, les onyx, la sardoine, les cornalines etc… se taillent de la même manière que les autres pierres avec le plomb et se polissent sur cuivre, l’ étain et le bois , et on les avives sur les memes roues; si l’ on y fait des façettes ou des biseaux on doit les polir sur la roue de cuivre.
Les opales , les  turquoises , la malachite etc… se poncent et s’ avive sur le buffle ou sur le drap avec le tripoli, la terre pourri, ou le rouge mouillé.
 
Poudre de diamant :
Pour faire de la poudre de diamant à sec, on le pile dans un mortier en acier fondu dont l’ ouverture est de la grosseur d’ une balle de fusil et la profondeur de cinquante millimètres environ, le pilon est également d’ acier fondu trempé.
Ainsi donc , on met le diamant dans le mortier, et pour le réduire, on se sert d’ un marteau, et lorsqu’ il est bien pilé en ayant soin de faire tourner et de lever le pilon de temps à autre, afin que la poudre retombe dans le cul de poule, le mortier devant avoir cette forme; on rode ensuite la poudre qui est dans ce mortier avec le pilon, en tournant et en appuyant de toutes ses forces afin de rendre bien fine; dès qu’ elle est bien réduite, on la retire soigneusement en la mettant dans un petit vaisseau, ou du papier et on la conserve ainsi pour s’ en servir, soit telle qu’ elle est, soit avec un peu d’ huile ou d’ essence. Lorsque l’ on s’ est servi de la poudre pour le travail, il faut toujours couvrir le vase.
La poudre faite de cette manière, on peut même s’ en servir avec de l’ eau ou du vinaigre, s’ il était nécessaire.
Toute la poudre faite employée par profusion et surtout avec de l’ huile, fait considérablement de boue et empêche de voir le travail, il faut donc autant que possible éviter d’ employer trop d’ huile.
 
 

Elevage

Élevage

Le troupeau est surtout composé de gros bétail d’ espèce bovine.
Les anciennes races de Tourache, Fémeline, etc… disparaissent devant les races plus belles et meilleures laitières de Berne, Schwitz,Montbéliard(1).
Les races Charolaises et Auvergnates sont également représentées, mais en petit nombre.
L’ élevage du cheval y est insignifiant, celui du mulet, pratiqué dans le sud du premier plateau surtout, est moins prospère qu’ autrefois(2).
Le troupeau de mouton a sensiblement diminué, car dans la campagne, on ne s’ habille plus de droguet(3), et c’ est sur le premier plateau qu’ il est le plus nombreux.
il en est de même de la chèvre et de l’ élevage du porc, beaucoup moins important dans la montagne que dans la Bresse, et cependant en progrès.Enfin, la montagne possède près de 10 000 ruches.

 

(1)Les Comices agricoles, subventionnés par le département, encouragent cette amélioration en organisant des concours, dans lesquels les propriétaires du plus beau bétail reçoivent des primes.
Des reproducteurs de races sont achetés par ces comices et revendus à perte, à des particuliers.
Le bétail de la haute montagne est plus beau que celui de la Bresse et du premier plateau, car le sol est pauvre en chaux et en phosphate.

 

(2)Les foires de chevaux de Montmorot, Nozeroy; celles de mulets de Chambéria, d’ Orgelet, de Saint-Julien, étaient importantes au milieu du 19ième siècle. Les mulets étaient expédiés dans les Alpes et Pyrénées.

 

(3)35 000 moutons dans le département en 1801
16 500 en 1912

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